Arête Ouest du Maupas (2 articles)

lundi 17 septembre 2012
par  Michel.B
popularité : 6%

D’un bon pas au Maupas

Jusqu’à cette douceur de l’air ambiant, qui lorsqu’il s’agitait n’était guère plus qu’un zéphyr, comme une caresse ; ces paysages variés, depuis la magnifique forêt de la Lis et son torrent sur lit de rondins dressés par l’homme jusqu’à l’élégante cascade d’Houradade ; ces prairies d’altitude qui rendent si riant le versant français.

Jusqu’à cette soirée au refuge de Maupas si aimablement tenu par Emma Georges, Wilfried Lemaire et leurs deux adorables bouts de choux Swann et Marieke, deux fillettes de 5 et 2 ans ; jeune couple dont l’hospitalité et la réelle gentillesse malgré des conditions de vie spartiates font honneur au Club alpin français (Caf), maître des lieux. Et ces trois jeunes Allemands étudiants Érasmus de Toulouse aux petits soins et couvant du regard la quatrième, la blonde et souriante Lara de Hambourg pour sa première sortie à la montagne. Et ces regards amoureux et croisés nous concernant entre Adeline et Nicolas ; idylle née un an jour pour jour avant à la journée des associations d’Albi sur le stand du Caf d’Albi que tenait le jeune homme.

Il est des jours bénis où tout s’y met, où tout le fait, où tout se fait dans la légèreté malgré les 2100 m de dénivelé, qui vous font oublier combien la montagne peut être rude, combien la vie est rude, parfois, et finit mal, toujours.

C’était sans conteste le cas de cette sortie du Caf d’Albi au Maupas (3109 m) les 15 et 16 septembre 2012. Cornaqués par notre président, Bernard Aymès, à l’origine de la sortie, nous étions 15, le samedi, de tous âges et conditions mais animés du même amour de la montagne, à attaquer d’un bon pas la montée du Maupas sur les hauteurs de Luchon. Même Clara, la benjamine, du haut de ses 10 ans y est allée vaillamment.

A l’arrivée au refuge après une bière (pour ma prochaine visite, je préfèrerais une blanche plutôt que la Kro qui me fait trop penser à l’adjudant Kronenbourg), le groupe se scinda en deux ateliers, d’un côté bronzage et sieste, auquel je me fis un plaisir de participer ; de l’autre vertigineuse manœuvre de cordes près du précipice des WC, pour les huit bien décidés à attaquer le Maupas par l’arête ouest frontalière avec l’Espagne.

Je fus des cinq qui optèrent sans regrets pour la voie normale. Ah qu’elle est plaisante cette course ! Naviguant dans un parcours ludique entre des blocs de granits plus ou moins grands mais toujours très adhérents. A l’assaut pour commencer de la Tusse du Maupas. Avant, à l’arrivée de ce sommet en forme de virgule aérienne de nous poser tous les cinq, Adeline, Georgette, Jean-Clair, Michel M. le trésorier et moi la même question existentielle. Ce mauvais pas, qui donne son nom au sommet du Maupas, où est-il ? Emportés peut-être par notre enthousiasme, nous ne l’avons pas vu ! Il faudra y revenir, car, comme moi il y a deux ans et Jean-Clair Yèche il y a 30 ans, je vais vous le dire, moi, le vrai nom du Maupas : il s’appelle revient.

Il en est d’autres, nos escaladeurs, à côté de qui nous les randonneurs avec nos neuf petites heures de marche sommes vraiment des petits joueurs. Partis à 6h30, arrivés à 20 heures pour les plus rapides, 21 heures pour les autres, après 14 ou 15 heures de marche, ils trouvaient encore le moyen de se dire enchantés. Voilà des cafistes qui pour ce qui est du Maupas sont vraiment bon pied bon œil.

Alain-Marc Delbouys

DIAPORAMA

Le récit de Benoit avec de nouvelles photos.

6H30 : heure de départ, 20 H 30 : heure d’arrivée

Et oui près de 14 heures de course !!! Après notre arrivée au refuge qui porte son nom « le Maupas », le président Bernard est devenu GO (Gentil Organisateur). Son rôle était d’animer la sortie du dimanche qui s’annonçait être matinale. Il était nécessaire de donner les dernières consignes. Il s’en suivit un entraînement pour l’utilisation des équipements, tout cela en costumes de scène (les baudriers).

Après le repas, la nuit se passa et à 5h30, réveil. Passage avec nos bardas dans le réfectoire qui se transforma en vestiaire. A 6h00 petit déjeuner. 6h30, départ. Les sacs sont remplis du juste nécessaire, et le petit groupe se met en route vers la scène. Il fait encore nuit. Les étoiles sont magnifiques mais la lune est absente. Bernard me fait passer en tête et nous voilà partis. Nous suivons le chemin tel une retraite au flambeau. Le chemin est bien tracé jusqu’à un premier passage pouvant faire douter même sur le choix du tracé. C’est le bon ! Au dessus des rochers formant un mini dièdre, la piste continue. Nous atteignons le piquet de fer que nous avait indiqué la veille le gardien du refuge.

Derrière ce piquet c’est notre entrée en scène qui s’annonce. Je me retourne et vois que Bernard suivi de Michel viennent d’éteindre leurs lampes.

Bienvenu dans notre scène de jeu : le cirque des Crabioules. Le massif du Céciré s’illumine coloré de rouge par le soleil levant. La mise en scène est sublime.

La progression est régulière le long de la courbe de niveau des 2700 m environ. Les dalles de granit polies se succèdent avec une altération de blocs épars. Nous arrivons sous le glacier du Maupas et atteignons une paroi de schistes. Nous sommes à 2813m. Il n’y a plus qu’à aller au col.

A la sortie de ce chemin, nous découvrons avec Claire un lac. Nous prolongeons notre course d’environ 20m pour atteindre le haut du col. Ce sera là, à 3010 m, sur le versant espagnol magnifique du lac de Literole que nous ferons une première pause casse-croûte. Peu après, la 1ère cordée Bernard, Janine, Claire et Michel se lance devant. Patrick prend la tête de notre cordée suivit de Anaïs, moi-même et Nicolas.

Autour de nous, le paysage est découvert à 360°. L’équipe de Bernard est bien avancée. Patrick s’est déjà engagé à son tour. La progression est régulière entre les rochers de granit. A chaque passage on fait sauter la corde derrière les béquets des rochers. Pas de bruit, pas de cris, pas de signe de peur ou panique, no stress de la part des 8 participants. De vrais rois et reines du cirque, du cirque des Crabioules. Patrick marque une pause, ça freine devant. Un passage délicat va nous permettre de mettre en oeuvre la mise en sécurité avec application du nœud de demi-cabestan (rappel du cours de la veille de GO Bernard).

Ca y est nous avons tous traversé. Nous sommes au sommet, heureux et ravis de notre succès. Le ciel est superbe, l’air est doux, embrassade et poignée de main se succèdent : le bonheur et la satisfaction sont là, le sommet est réussi, merci GO. Il est 14h00 passé. La descente se fera plus cool jusqu’au refuge. Arrêt furtif pour certain avec démarrage vers la descente au véhicule pour rejoindre Michel, Alain Marc et Georgette qui nous attendent depuis près de 3 h00. Les arrivées vont s’étaler jusqu’à 21h00 aux voitures. Que c’était bon !!! On remet ça quand ? Suggestion personnelle : « pour les Espadas ou la Maladeta » ?

Benoit.


Statistiques

Dernière mise à jour

jeudi 21 septembre 2017

Publication

685 Articles
77 Albums photo
3 Brèves
5 Sites Web
4 Auteurs

Visites

108 aujourd'hui
91 hier
213036 depuis le début
1 visiteur actuellement connecté