Randonnée à St-Antonin-Noble-Val

dimanche 3 avril 2011
par  Alain-Marc D.
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Quels cirques à Saint-Antonin-Noble-Val

Belle mise en jambes en ce dimanche 3 avril 2011 que cette sortie du Caf d’Albi à Saint-Antonin-Noble-Val. Exactement vingt kilomètres et 730 mètres de dénivelée ont raffermi plus d’un mollet, parfois même les deux ; on est même monté jusqu’à trente, car nous étions quinze marcheurs. Vous suivez ? Le parcours en huit était magnifiquement balisé par Jean-Michel Ejea, qui avait même eu l’obligeance de cairner une traversée dans un barthas ! Il nous mena des bords de l’Aveyron au cirque de Bône au pied de sévères falaises de calcaire, à la brèche de Roland et à travers des landes jusqu’à Dax, plus précisément à Pech Dax, le nom d’une chapelle qui ne fut pas érigée sans foi mais désormais sans toit, à un calvaire et pour finir un tour du cirque de Nibouzou avec son fameux pigeonnier rond.

En explorateur, Patrick Soulié se protégeait sous sa casquette Marco Polo d’un soleil absent, mais on n’est jamais trop prudent. Le ciel, très bas toute la journée, ne nous tomba pas sur la tête, ce qui n’aurait pas été très grave, car, même de ça, les cafistes n’ont pas peur ; tout en sachant chacun sa chance d’être pour l’heure préservé d’autres drames, dont le monde n’est pas exempt, comme à Fukushima, dont les réacteurs éventrés dégueulent leurs exhalations qui empoisonnent êtres et nature, où même l’air, la pluie et l’eau qu’on boit sont radioactives, malheur de l’ère nucléaire oeuvre de l’homme apprenti-sorcier, présent dans tous les esprits et qui alimenta bien des conversations. Loin, bien loin du Japon et de ces tracas ultra-modernes, des grenouilles vertes adeptes du mimétisme jouaient les caméléons, entre les algues vertes d’une source baignée de mousse.

Si malgré le chemin de croix, la sortie ne fut pas cultuelle, si ce n’est peut-être le culte sous-jacent de la Pacha Mamma, la Terre-mère, ou du moins cette nature parcourue en tous sens et très verte en ce début de printemps, n’est-ce pas pour ça qu’on va à la montagne et parfois dans les causses comme à Saint-Antonin, la promenade fut culturelle et gastronomique. Nous goutâmes les responchons. Jean-Jacques nous apprit à faire la différence avec les asperges sauvages, qu’on croqua aussi. Fabien Martinez lui nous dit comment reconnaître le porrot, le poireau sauvage.

Bram découvrit ces spécialités, bien loin de sa Belgique natale. Car le Caf d’Albi a acquis une stature internationale, avec la présence de ce Bruxellois professeur de néerlandais, fraîchement installé à Salles-sur-Cérou et projetant de se reconvertir dans le multi-services.

Autre met bien tarnais, ingrédient indispensable de tout pique-nique qui se respecte, le boudin Ramouneau, le boudin qui vous rend beau (j’ai essayé, ça a marché, tout le monde en conviendra, je vous le recommande). Le président Bernard Aymès et deux autres convives s’étaient chargés des bouteilles de rosé et de rouge, Joëlle et Henri Assié du café, et Claude Leplus avait ce qui était vraiment le plus, des croquants aux amandes faits maison. Il y avait aussi force primevères et orchidées, mais on ne les a pas mangées, ni cueillies, juste regardées. Si Nadine Jalabert est revenue avec un beau bouquet, glané au fil du sentier, ce fut de responchons.

Le boudin Ramouneau nous a rendus beaux, c’est un fait acquis. On est aussi revenus intelligents. En effet, nous a révélé Jean-Jacques, savez-vous pourquoi les Béarnais quand ils trinquent disent « intelligence » ? Réponse : « Parce que santé, on l’a déjà ». Nous avons immédiatement expérimenté la formule pour un demi bien mérité à la terrasse d’un café sur la place du vieux Saint-Antonin-Noble-Val, avec le clocher vénitien qui nous regardait de haut. Il n’avait pas grand mérite, perché d’où il était, il l’avait facile.

Nous avons poursuivi par l’étonnante route en corniche jusqu’à Brousses, petit patrie de l’aquarelliste Claude Nicaud surplombant l’Aveyron auquel on accède par l’escalier de Cristal ; et une fois à Brousses, nous avons rebroussé chemin.

Pour résumer, nous revînmes à notre bonne vieille Saint-Cécile d’Albi bon pied, bon oeil, beaux et intelligents, et riches de découvertes. Et moi je fais ce compte-rendu sans procrastiner, ce qui est l’art de tout remettre à demain, car demain est un autre jour, et jour après jour, d’autres sommets nous attendent.

Alain-Marc Delbouys

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