Mines du Mail de Bulard

jeudi 8 juillet 2010
par  Gil
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A la demande de Patrick Soulié, voici un petit compte-rendu du week-end Caf d’Albi les 12 et 13 juin 2010 dans la vallée du Biros en Ariège. Les prévisions apocalyptiques de Météo France promettant un week-end d’enfer avaient sérieusement réduit les troupes (pour dire vrai, nous étions deux, Patrick et moi). Le samedi matin, nous nous sommes initiés à la capoeira et nous avons fait provision de fromage de chèvre sur le marché bigarré de Saint-Girons, paradis des babas cools, qui s’y sont enracinés depuis plusieurs générations ! L’après-midi, nous avons fait connaissance avec Roger « Patatus » (son surnom n’est autre que le nom du lieu-dit où il habite), personnage typique avec son collier de barbe, un des derniers bergers de la vallée. Certains le disent un peu ours, mais pas avec nous. Très volubile, il nous a aussitôt confié tous ses soucis pour compter ses brebis, non pas parce qu’il a du mal à s’endormir le soir, mais parce qu’il soupçonne qu’on lui en chipe. Il habite dans le Biros, à Luentein. C’est un hameau paumé, car, permettez-moi de le dire, j’ai une réputation à tenir en matière de calembours et de calembredaines, Luentein, ce n’est pas tout près. Dans les murettes en pierres sèches, cette année, c’est de la pierre mouillée avec les déluges qu’il tombe, d’énormes escargots de Bourgogne faisaient saliver d’envie Odile, une randonneuse gersoise. Au gîte d’Eylie-le-Haut, Claude Taranne nous attendait avec un exemplaire de son livre fraîchement imprimé « La Mine de Bulard », agrémenté d’une dédicace qui nous a fait bien plaisir : « Le patrimoine a besoin d’hommes comme vous ! » Il a repris dans l’ouvrage quelques photos de la randonnée cafiste de 2009. Les observateurs y reconnaîtront la svelte silhouette de Patrick Soulié. La météo désespérait aussi un ancien conducteur du métro de Paris qui fait la traversée de Pyrénées à pied. Craignant les coups de tabac, cet habitant de Saint-Malo était prêt à abandonner. Le soir, devant une blanquette de veau et un quart de rouge, nous avons débattu des mérites comparés des équipes en lice pour le Coupe du Monde de football. J’étais de ceux pour qui la France n’irait pas loin dans la luenteine Afrique du Sud, car sa sélection ne vaut pas tripette, rejoint en cela par la randonneuse gersoise, tenant de l’Italie, aux qualités irréfutables : « Vous verriez ça, c’est plein de beaux mecs » ; et Odile salive pour ça aussi. Le dimanche, tandis que le pyrénéiste malouin reprenait courageusement son sac-à-dos, nous sommes partis de la Pucelle (qui n’est probablement pas la randonneuse gersoise) direction le port d’Orle, 1400 mètres plus haut. Une agréable montée nous attendait, à jouer à cache-cache avec les nuages et la brumes, qui apparaissaient et disparaissaient. Une marche ponctuée par une rencontre avec un cheval de Mérens qui, vous le verrez sur la photo, n’avait que la peau et les os. Les bons soins de Patrick Soulié, notre homme-médecine, seraient impuissants à le remettre sur pattes. L’arrivée dans le val d’Aran en Espagne au dessus de Montgarri se fait dans la neige, avec, à droite la mail de Bulard. Entièrement dans la purée de pois, on ne l’a pas vu. On a vu en revanche les restes d’une voie ferrée Decauville, qui acheminait jadis du minerai d’Espagne en France à 2400 mètres d’altitude. Nous sommes redescendus entre quelques gouttes, empruntant le tracé d’une autre voie Decauville ponctuée de tunnels, qui mène au village d’Orle. La forêt conserve les stigmates de la neige très lourde du 2 mai. Des hêtres énormes sont renversés. Certains sentiers sont impraticables. La nature, très arrosée est luxuriante. Les rhododendrons déjà en fleurs en ont bénéficié, ainsi que les orties. Toujours prêt à donner de sa personne, le Dr Soulié qui était venu en short a expérimenté les bienfaits de l’urtication, qui comme chacun sait fouette les sangs. Une encyclopédie de médecine de 1860 prétend même qu’administré en flagellations, c’est un remède pour ceux et celles qui ne sont plus très verts, une sorte d’ancêtre du Viagra, ce qui bien sûr n’est pas notre cas, et sûrement pas celui d’Odile non plus. A l’arrivée, le bain traditionnel dans le torrent impétueux et très vivifiant nous a regaillardis. Cette eau fraîchement (c’est le cas de le dire) sortie des névés nous a débarrassés de la sueur et délivrés des courbatures. C’était une prescription du Dr Soulié, pour qui il ne faut pas avoir froid aux yeux (mais ailleurs, si !). Heureusement que la pucelle n’était pas là pour voir ça ! Odile, elle, aurait été favorablement impressionnée. Non mais ! Il ne sera pas dit qu’en France, et en particulier à Albi, nous n’avons pas aussi des beaux mecs ! Alain-Marc Delbouys


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